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Elsa Biston, Aussi Fragile Que Possible

Une installation sonore conçue et composée par Elsa Biston.

Konzert und Klanginstallation "Aussi Fragile que Possible" im Museum Art.Plus anlässlich der Donaueschinger Musiktage 2024.
Ralf Brunner

Faut-il toujours montrer des gestes forts, lisibles, assumés et contrôlés ?

Ou peut-on au contraire laisser affleurer l’indécis, le flou,
l’à-peine perceptible — et lui offrir un espace d’écoute et d’existence ?

Aussi fragile que possible est une installation sonore conçue et composée par Elsa Biston, avec
des performances musicales de l’ensemble de musique contemporaine United Instruments of Lucilin et une scénographie d’Andréa Baglione.

Ces objets viennent effleurer des cymbales réparties dans l’installation et mises en vibration par des transducteurs.
Sous l’effet de cette vibration, l’objet rebondit sur la cymbale selon un rythme répétitif mais aléatoire, timide mais obstiné.
D’autres objets vibrants — bidons, tambours, papiers — amplifient et prolongent ces rebonds selon une partition
changeante. L’ensemble forme un paysage dense d’objets vibrants et résonnants qui réagissent les uns aux autres : la vibration d’une cymbale provoque le tremblement d’une feuille morte, qui résonne dans un tambour, mettant en mouvement une baguette. Les objets se touchent par le biais de leur vibration.

À mi-chemin entre proposition artistique et expérience sensible, l’installation invite le public à porter son attention sur des phénomènes sonores infimes et fragiles. Elle propose un rapport au son fondé sur l’écoute, la lenteur et le lâcher-prise, à rebours du spectaculaire et du contrôle.
Les visiteur·se·s sont invité·e·s à devenir les interprètes sensibles de l’installation. À l’aide d’une notice-règle du jeu, elles et ils manipulent à distance des objets simples — un bout de plastique, des feuilles mortes, une canette, une balle de ping-pong — grâce à un système de poulies et de fils tendus dans l’espace.

Performances musicales:
Lors de performances de 35 minutes, quatre musicien·ne·s de l’ensemble United Instruments of Lucilin rejoignent les spectateur·rice·s au cœur de l’installation. Leur jeu, capté en très grande proximité et fortement amplifié, provoque des réactions en chaîne dans l’ensemble du dispositif : le moindre effleurement devient un événement sonore majeur, faisant vibrer papiers, cymbales et objets dans tout l’espace.
Les musicien·ne·s deviennent alors des médiums entre le public et l’installation, orientant et focalisant collectivement l’écoute à différents endroits du dispositif. Leur propre rapport à l’instrument s’en trouve transformé : l’instrument devient l’installation elle-même,
avec sa part d’indétermination et d’incontrôlable.